Eiji Kikkawa + Shinku Noda

Projets

Stratus

2010-08-25 by Shinku Noda


NATURE ET ARCHITECTURE L'approche de conception architecturale a été initiée dans le but de révéler la nature précieuse et le riche patrimoine dont dispose le site du projet. L’idée est de fondre l'architecture à la nature en brouillant la frontière entre les deux, afin que l'un devienne le prolongement de l'autre.Une des méthodes de conception de la réalisation de cet objectif est de découvrir des éléments spécifiques dans les singularités du site, de la nature, et de son contexte culturel que porte le projet. L'architecture devient alors un organisme qui apparaît comme une réponse à ses conditions plutôt que d'être un simple objet qui se tient seul.


TERRITOIRE L’observation du territoire de Québec nous a permis d’en réaliser sa particularité. Les terres, découpées en lanières, sont toutes perpendiculaires au fleuve et donnaient à chaque propriétaire un accès qui constituait la seule voie de communication à l’époque seigneuriale. Le site, orienté perpendiculairement au fleuve se prête au même découpage. Il se compose de plates bandes qui s’étirent depuis la grande Allée jusqu’au fleuve Saint Laurent. Chacune devient une construction particulière, à l’image du territoire rural composé de champs, forêts ou édifices.


EVOLUTION du Musée / ARCHITECTURE dans le temps La planification de l'architecture s'est développée dans la relation significative avec les bâtiments existants. Le volume linéaire principal est placé dans l'axe du pavillon Baillairgé. Il en est le prolongement et offre à l’ensemble muséal un pignon sur la grande Allée de Québec. La composition linéaire du volume permet d'offrir une relation harmonieuse entre l'intérieur et l'extérieur. Son exposition à la nature environnante est continue, à l’image d’une promenade en forêt. Les circulations et espaces d’expositions se confondent d’un niveau à l’autre, de l’intérieur vers l’extérieur. Ils s’écoulent librement depuis la grande Allée jusqu’à l’atrium du pavillon Baillairgé qui offre son belvédère aux visiteurs. Le nouveau pavillon est un passage généreux aux multiples expériences séquentielles. La composition des trois volumes linéaires est dans la vision de l'évolution du musée au cours du temps, comme une accumulation qui annonce les futures extensions possibles, notamment avec l’espace de l’Eglise Saint Dominique.


PERMEABILITE Le projet porte les couches de l'histoire, à différents niveaux, qui sont apparentes dans l'architecture environnante, et qui sont manifestes dans la nature même du programme de musée où les œuvres d'art seront exposées dans leur séquence de temps. La stratification de la terre, qui représente la couche de l'histoire, est devenue un des éléments importants naturel et architectural. Le roc précambrien affleure le site. Il sera nécessaire d’extraire cette ressource pour mettre en œuvre les fondations et le tunnel entre le nouveau pavillon et le musée existant. La proposition est de mettre à profit cette ressource pour construire les cellules architecturales qui retiennent délicatement les morceaux d'art à l'intérieur. Certains espaces tels que l'auditorium ou les salles d'exposition temporaires au sein de ces volumes linéaires sont tenus d'être clos. Ils sont contenus par la pierre excavée du site. Les pierres seront tranchées finement et disposées en couches, afin de réaliser une peau perméable. Ainsi la peau filtre la lumière extérieure, et offre une atmosphère sans cesse changeante au fil des temps et des saisons. Le Musée devient un organisme qui émerge de la terre.
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